AFFAIRE BUDINOVA ET CHAPRAZOV c. BULGARIE

Application no. 12567/13 · Delivered 2021-02-16 · ECLI:CE:ECHR:2021:0216JUD001256713 · Languages: FR · EN

Application no.
12567/13
Delivered
2021-02-16
Respondent State
BGR
Conclusion
Violation de l'article 14+8 - Interdiction de la discrimination (Article 14 - Discrimination) (Article 8 - Droit au respect de la vie privée et familiale;Obligations positives;Article 8-1 - Respect de la vie privée);Préjudice moral - constat de violation suffisant (Article 41 - Préjudice moral;Satisfaction équitable)
Convention articles
8, 8-1, 10, 10-1, 14, 14+8, 17, 41
Importance
Key case
Original
HUDOC ↗
Summary
Preparing…

QUATRIèME SECTION

AFFAIRE BUDINOVA ET CHAPRAZOV c. BULGARIE

(Requête no 12567/13)

Cette version a été rectifiée le 4 mars 2021

conformément à l’article 81 du règlement de la Cour

Arrêt

Art 14 ( Art 8) • Discrimination • Vie privée • Manquement des juridictions internes à leur obligation positive d’accorder réparation aux requérants roms pour des propos discriminatoires tenus par un dirigeant de parti politique • Art 8 applicable, l’effet négatif des déclarations ayant atteint un « certain degré » ou un « seuil de gravité », compte tenu des caractéristiques du groupe, de la teneur des déclarations, de la forme et du contexte • Absence de juste équilibre entre les intérêts concurrents en jeu, compte dûment tenu de la jurisprudence de la Cour

STRASBOURG

16 février 2021

DÉFINITIF

16/05/2021

Cet arrêt est devenu définitif dans les conditions définies à l’article 44 § 2 de la Convention. Il peut subir des retouches de forme.

Dans l’affaire Budinova et Chaprazov c. Bulgarie,

La Cour européenne des droits de l’homme (quatrième section), siégeant en une chambre composée de :

Tim Eicke, président,

Armen Harutyunyan,

Georges Ravarani,

Gabriele Kucsko-Stadlmayer,

Jolien Schukking,

Ana Maria Guerra Martins, juges,

Maiia Rousseva, juge ad hoc,

et de Ilse Freiwirth, greffière adjointe de section,

Vu :

La requête (no 12567/13) dirigée contre la République de Bulgarie et dont deux ressortissants de cet État, Mme Kremena Goshova Budinova et M. Vasil Stoyanov Chaprazov (« les requérants »), ont saisi la Cour en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») le 7 février 2013 ;

la décision de conduire la procédure dans cette affaire simultanément avec celle de l’affaire Behar et Gutman c. Bulgarie (no 29335/13) ;

la décision de porter à la connaissance du gouvernement bulgare (« le Gouvernement ») les griefs concernant le refus allégué des autorités bulgares d’accorder aux requérants réparation pour diverses déclarations publiques faites par M. Volen Siderov à l’égard des Roms en Bulgarie, et la décision de déclarer la requête irrecevable pour le surplus ;

les observations communiquées par le gouvernement défendeur et celles communiquées en réplique par les requérants ;

les observations écrites reçues de deux organisations non gouvernementales, le Greek Helsinki Monitor et le Centre européen pour les Droits des Roms (CEDR), qui avaient été autorisées à se porter tierces intervenantes,

Considérant que M. Yonko Grozev, le juge élu au titre de la Bulgarie, s’est déporté de l’affaire et qu’en conséquence le vice-président de la section a décidé de désigner Mme Maiia Rousseva pour siéger en qualité de juge ad hoc dans l’affaire,

Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 15 décembre 2020,

Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date :

INTRODUCTION

EN FAIT

I. LE CONTEXTE DE l’AFFAIRE

II. L’action engagée en vertu de la loi de 2003 sur la protection contre la discrimination

A. Les déclarations de M. Siderov en cause dans l’affaire des requérants

L’émission de télévision Ataka du 1er juin 2005

(sur le thème de la « terreur tsigane »)

« (...) Le professeur [S.K.] est mort, il a rendu son dernier soupir, il est décédé. L’homme [a été] roué de coups après un attentat terroriste perpétré par une bande de Tsiganes contre des Bulgares pacifiques [qui passaient un bon moment] chez eux. (...)

Ce scientifique, un Bulgare célèbre, un homme d’autorité jouissant d’une très bonne réputation dans les milieux scientifiques, a été tué comme un chien par une bande de Tsiganes féroces. Avec préméditation, volontairement, sadiquement (...)

Tout ce génocide [a été] perpétré contre la communauté bulgare dans le quartier de Zaharna Fabrika. Un génocide commis par un groupe ethnique de Tsiganes. Il existe en Bulgarie une discrimination raciale et ethnique pratiquée contre les Bulgares par le groupe ethnique tsigane. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 4 juin 2005

(sur le thème de la « terreur tsigane »)

« (...) Une bande de Tsiganes, forte de quatre-vingts hommes, a perpétré un attentat terroriste contre plusieurs Bulgares qui assistaient au bal de fin d’études secondaires d’un homme du quartier. Des gens ont été roués de coups au cours de cette attaque ; l’un d’entre eux est mort. Un professeur d’histoire à l’université de cinquante-trois ans, [S.K.], est mort après avoir été battu sauvagement et avec sadisme. Il s’avère que le problème ne se limite pas à Zaharna Fabrika. Il touche toute la Bulgarie. On m’a rapporté des faits similaires depuis les quatre coins du pays. Certaines histoires sont poignantes, et les gens disent qu’ils vivent dans une telle peur qu’ils n’osent même pas se plaindre à la police parce qu’elle ne ferait rien en réponse. J’ai reçu des informations du village de Mechka, près de Pleven. J’ai [déjà] parlé de ce village  là-bas, en 2000, [P.T.] a été tué dans son propre jardin. à ce jour, les assassins de cet homme n’ont pas été arrêtés, n’ont pas été condamnés. Ce sont des Tsiganes, originaires du quartier tsigane du village. Après cette affaire, il s’est avéré que ce meurtre n’avait pas été le seul à ne pas avoir fait l’objet d’une enquête, mais qu’il y en avait eu sept autres [de ce type], d’après ce que les villageois m’ont dit. Aujourd’hui, ils vivent dans une peur qui ne peut être comparée qu’à celle que connaissent les personnes vivant sous occupation étrangère, et ils tremblent chaque jour pour leur vie, pour leurs biens. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 7 juin 2005

(sur le thème de la « terreur tsigane »)

« (...) Et la terreur exercée par les Tsiganes sur les Bulgares s’aggrave littéralement d’une semaine sur l’autre. (...)

Cela montre que les autorités refusent de s’attaquer à la terreur tsigane. C’est un énorme problème pour la Bulgarie. Et je vous dis que si les autorités s’obstinent à refuser de s’attaquer au problème, dans deux, trois ou cinq ans, la terreur tsigane deviendra le problème principal de la Bulgarie. Mais il sera alors trop tard, car les Bulgares se seront organisés et auront répondu à la violence par la violence. (...)

Réfléchissez bien ; si Euroroma [un parti politique] entre au Parlement, quel [niveau] de protection renforcé les terroristes des ghettos tsiganes obtiendront-ils un jour ? Parce que ce qu’ils font, c’est de la terreur organisée contre les Bulgares. Il faut mettre un terme à cette terreur. Il faut résister à cette terreur. Et je vous promets que l’on y travaille. Les Bulgares, qui ne supportent plus la terreur exercée sur leurs compatriotes et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’elle cesse, y travaillent dur. (...)[2] »

L’émission de télévision Ataka du 8 juin 2005

(sur le thème de la « terreur tsigane »)

« (...) Il n’y a pas une ville, pas un village en Bulgarie qui ne fasse les frais de la terreur tsigane. (...)

Laissez-moi aussi vous dire que la question de la terreur tsigane ne peut être résolue que si l’on s’attaque (...) à cette population en général, si on la met là où elle doit être. Ils devraient travailler, apprendre à respecter les lois, apprendre à remplir leurs obligations, [apprendre] à payer leurs impôts et leurs cotisations. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 14 juin 2005

(sur le thème « les tueurs tsiganes du professeur [K.] sont libres »)

« (...) La terreur tsigane en Bulgarie continue. La terreur tsigane en Bulgarie n’a jamais cessé. Qui plus est, des études internationales commencent à reconnaître que l’essentiel des crimes commis dans le pays  plus de 30 %  le sont par des Tsiganes. Alors que dans le même temps, ce groupe ethnique ne représente que 5 % de l’ensemble de la population. Nous, les Bulgares, nous sommes donc soumis à une terreur tsigane totale. Tous les jours, toutes les heures, dans tous les coins de la Bulgarie. (...)

Un éminent scientifique bulgare a été tué de manière sadique et barbare par une bande de Tsiganes. (...)[3] »

L’émission de télévision Ataka du 4 mai 2005

(sur le thème « La discrimination raciale contre les Bulgares en Bulgarie »)

« (...) Dans le même temps, des quartiers entiers de Tsiganes non seulement ne paient pas leur électricité, mais aussi agressent les huissiers, s’attaquent aux véhicules des policiers qui tentent de rétablir l’ordre, (...) saccagent tout ce qui les entoure, pillent les magasins, volent les gens (...) et rien ne leur arrive. Lorsque vous demandez au haut commandement de la police ou de l’État en général pourquoi ils ne prennent pas de mesures, ils répondent que c’est pour ne pas provoquer de conflit ethnique. Ainsi, un groupe de personnes en Bulgarie, des non-Bulgares, se trouve placé dans une position privilégiée. (...) C’est ce qu’on appelle la démocratie, c’est ce qu’on appelle l’intégration, c’est ce qu’on appelle de noms merveilleux, qui cachent pourtant une seule chose, la discrimination et le génocide contre les Bulgares en Bulgarie. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 6 mai 2005

« (...) Cette énorme vague de facteurs externes et internes, qui souhaitent, qui souhaitent catégoriquement et œuvrent à débulgariser la Bulgarie. Œuvrent à la destruction de la nation bulgare en tant que nation[4]. Œuvrent à sa Tsiganisation, à sa Turquification. Œuvrent à tout, sauf à la possibilité pour le peuple bulgare de se composer de Bulgares. Je voudrais vous dire que, selon des statistiques officielles, plus de la moitié des enfants nés en Bulgarie sont soit des petits Turcs soit des petits Tsiganes. C’est parce qu’avec beaucoup d’argent venu de l’extérieur, cela fait maintenant longtemps que des facteurs anti-bulgares, aidés par des traîtres nationaux de l’intérieur, œuvrent à diviser le peuple bulgare. Des efforts sont faits pour que les Tsiganes se sentent [appartenir à] une nationalité à part, pour qu’ils pensent qu’ils sont à part et pour qu’ils revendiquent des droits collectifs. On travaille pour toutes sortes d’autres (...) pour créer toutes sortes d’autres nationalités inventées en Bulgarie. Les résultats sont là : déjà plus de la moitié des nouveau-nés en Bulgarie ne sont pas bulgares. Si bien que le processus de débulgarisation approche de son point culminant, à savoir la fin de la nation bulgare. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 25 mai 2005

(sur le thème de la « terreur tsigane »)

« (...) Aujourd’hui, je voudrais parler d’un sujet sur lequel les prétendus médias officiels gardent le silence, et sur lequel les hommes politiques gardent le silence également. Ce sujet est celui de la terreur tsigane, la terreur tsigane pratiquée contre les Bulgares en Bulgarie. C’est un sujet très grave ; c’est un sujet radical. Mais la plupart des médias, comme je l’ai dit, restent muets à ce sujet. (...)

Des violences atroces ont eu lieu dans le quartier de Zaharna Fabrika contre des Bulgares, et plus de quatre-vingts Tsiganes y ont participé. Ils ont détruit un établissement [qui vendait de la nourriture et des boissons], frappé un policier, frappé le propriétaire de l’établissement, frappé les personnes qui s’y trouvaient, et pour autant que je sache, aucun d’entre eux a été arrêté. Regardez cet article en première page de Noshten Trud, le seul journal qui n’hésite pas à écrire sur la question tsigane, la question de la terreur tsigane exercée sur les Bulgares. (...)

Dans ce cas, notamment, des policiers ont également été blessés. Bien qu’ils aient tenté de tirer des balles en plastique en l’air, ils ont été agressés et certains ont été frappés et roués de coups par les Tsiganes. Il ne s’agit pas de la première affaire de ce type. Vous vous souvenez qu’un agent de la police d’un village proche de Burgas a été passé à tabac et agressé par une bande de Tsiganes. Des gardes forestiers ont été agressés à Botevgrad et dans les environs. Des ouvriers forestiers ont été attaqués près de Samokov. La terreur est constante dans toute la Bulgarie. Et elle vient d’une population qui se dit « minoritaire ». Sauf que dans de nombreux villages et villes de Bulgarie, il ne s’agit plus d’une minorité mais de la majorité. Il existe aujourd’hui en Bulgarie des centaines de villages dont la population est majoritairement tsigane. Non seulement elle ne s’intègre pas  un sujet dont parlent les perroquets qui s’abreuvent auprès de fondations étrangères  mais elle terrorise en plus la population bulgare dans ce pays. Cette terreur se poursuit sous le regard bienveillant de la clique dirigeante, qui non seulement ne fait rien mais qui empêche également les autorités répressives d’intervenir. En général, quand quelque chose de ce genre se produit, comme dans le cas de cette terreur exercée sur des citoyens bulgares à Zaharna Fabrika, alors tombe de quelque part en haut l’ordre que la police n’intervienne pas, que les enquêteurs se taisent, que les procureurs ne transpirent pas trop, et que le système judiciaire, vous savez, ferme les yeux et ne mette pas les voyous, les violeurs, les assassins  très souvent d’origine tsigane  en prison. (...)

De nos jours, l’État bulgare tolère la terreur tsigane visant les Bulgares. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 30 mai 2005

(sur le thème de la « terreur tsigane »)

« (...) Aujourd’hui, je poursuis sur le thème de la terreur tsigane. (...) Il s’agit de 1 500 à 2 000 Tsiganes  nul ne peut dire combien ils sont exactement  venus de tout le pays, qui se sont installés là, sans déclarer d’adresse. Ils sont tous censés habiter à la même adresse (...) et ils y résident illégalement. Ils ne paient pas d’impôts, ne paient pas de taxes, ne paient pas l’électricité, ne paient pas l’eau. Ils ne paient rien. Mais qu’est-ce qu’ils font ? Ils agressent les Bulgares, les volent, les maltraitent, violent les femmes, tuent ; il y a déjà eu plusieurs meurtres. Je vous promets formellement, chers Bulgares, que je vais enquêter sur ces affaires, parce qu’il ne s’agit pas simplement d’une terreur, une « terreur tsigane », comme j’ai intitulé mon programme, mais d’un génocide. Un génocide commis contre le groupe ethnique bulgare en Bulgarie. Ce génocide est manipulé et encouragé depuis l’étranger. J’ai des informations selon lesquelles quelqu’un paye ces descentes de Tsiganes, les paye pour qu’elles s’organisent et suscitent des troubles. Quelqu’un qui souhaite que cet endroit devienne comme le Kosovo. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 22 mars 2005

(sur le thème de la « terreur tsigane »)

« (...) Et ceci n’est qu’une occurrence d’une longue série de cas de violence tsigane, qui se produisent maintenant quotidiennement dans la capitale. Comme vous pouvez le voir, nous parlons d’une école de quartier dans la capitale, dans [le district d’] Ovcha Kupel. Et qu’en est-il des localités à la campagne, des petits hameaux, des villages, qui sont constamment en proie à la violence tsigane ? (...)

Il y a des régions entières, chers Bulgares, dans lesquelles des hameaux sont passés ces dernières années de bulgares  majoritairement bulgares  à majoritairement tsiganes. D’aucuns diraient qu’il s’agit déjà d’une question démographique. Pour ma part, je dis qu’il s’agit d’un génocide contre les Bulgares, car c’est délibérément que l’on omet d’engager des poursuites pour les crimes tsiganes. (...)

Je dois dire qu’au cours des dernières années, des sept ou huit dernières années peut-être, environ 102 villes et villages bulgares sont passés d’une population majoritairement bulgare à une population majoritairement tsigane. Cela implique une conquête de la Bulgarie, une « tsiganisation » qui conduira à (...) Personnellement, je n’ose pas dépeindre le tableau qui pourrait en résulter, parce que l’impudence de ces groupes, des groupes ethniques, fait boule de neige. (...) »

L’émission de télévision Ataka du 23 juin 2004

« (...) Nous voyons comment dans le parc Borisova Gradina les bustes d’un certain nombre d’écrivains et de révolutionnaires nationaux bulgares ont disparu, volés par des bandes tsiganes et fondus pour être recyclés. (...) »

Interview de M. Siderov diffusée par la chaîne de télévision SKAT en juin 2005

« (...) Je n’ennuierai pas les gens ici avec des détails sur les dizaines de cas de pillages, de crimes laissés simplement sans aucune conséquence, juste parce que cela provoquerait des troubles ethniques, comme le disent maintenant les gens au pouvoir. (...) Ils refusent d’assumer et ils encouragent ainsi des groupes entiers de personnes, qui savent simplement qu’elles ne seront pas sanctionnées et qui font ce qu’elles veulent. Les exemples se comptent par dizaines (...) Des villages et des villes sont tout simplement en proie à une terreur vivante. Et cette terreur devient chaque jour plus grande, et je crois qu’il faudrait faire cesser tout cela. Il existe un moyen d’y mettre un terme. Ces méthodes (...) eh bien, à première vue, elles semblent violentes, administratives, mais elles sont appliquées dans des pays développés. Et je mentionnerai une fois encore l’Amérique, si chère à tous les démocrates et à tous les politiciens libéraux. Où, lorsque quelqu’un commet une infraction ou vous attaque chez vous, sur votre propriété, qui est inviolable et sacrée selon la Constitution, vous pouvez littéralement l’abattre, [en] protégeant votre domicile, et ne pas être tenu pour responsable. J’y suis résolument favorable. Je veux que le Bulgare soit protégé chez lui. Qu’il puisse protéger sa famille, ses biens, sans avoir à se demander si, s’il se défend, il deviendra demain la cible du système judiciaire, il sera étiqueté comme un délinquant violent, comme cela s’est produit dans certains cas (...)

La tsiganisation est un énorme problème. Ce n’est pas un problème facile. Parce que je ne pourrai pas citer un pays d’Europe qui ait réussi à intégrer pleinement et complètement sa population tsigane. Un tel pays n’existe pas. Le problème c’est qu’en Bulgarie, contrairement à l’Allemagne ou à la France, cette population représente un pourcentage important. Là-bas, même s’il y a des Tsiganes, ils sont beaucoup moins nombreux en pourcentage et ne créent pas un tel problème. Si aucune mesure n’est prise, au niveau de l’État, dans le cadre d’un programme, alors ce problème (j’en suis absolument certain [et] j’en assure tous les téléspectateurs, tous les Bulgares) (...) deviendra crucial pour la Bulgarie en l’espace de cinq à six ans seulement. Parce que cette population, disons-le honnêtement, directement, comprend les sanctions. Tout comme, d’ailleurs, une partie importante de la population de la planète lorsqu’elle est soumise à des sanctions. Et nous ne pouvons pas espérer que l’auto-éducation [et] les scrupules moraux l’emporteront et qu’un beau jour nous nous trouverons entourés d’un groupe ethnique tsigane qui aura atteint un niveau de moralité tel qu’il respectera de lui-même toutes les lois et tous les préceptes moraux. (...) »

Discours de M. Siderov lors d’un rassemblement électoral d’Ataka

à Burgas le 22 juin 2005

« (...) Tous les gangs de Tsiganes, de maraudeurs, qui torturent, maltraitent, violent et pillent dans toutes les villes de Bulgarie seront remis à leur place. (...)

Le moment est venu de commencer à mettre un terme à ce processus de tsiganisation de la Bulgarie. (...) »

Discours de M. Siderov lors de la première séance du

nouveau parlement élu le 11 juillet 2005

« (...) Parce qu’un gigantesque génocide de la nation bulgare a été perpétré pendant ces huit années. Avec l’insistance de facteurs (фактори) étrangers hostiles à la Bulgarie, il est envisagé d’abandonner [juste] trois millions et demi à quatre millions de nos concitoyens [restant en Bulgarie]. Tel est le plan des Bulgarophobes, et ce plan est mis en œuvre sous nos yeux. Si quelqu’un demande comment, je vais vous expliquer : en dépouillant les Bulgares du droit d’être maîtres dans leur propre État ; en les laissant mourir dans la misère et par manque de médicaments et de traitements médicaux ; en les soumettant à la terreur de bandes tsiganes, qui attaquent, pillent, violent et maltraitent chaque jour la nation bulgare. Et puis, délibérément, personne ne cherche à mettre au jour les crimes qu’ils commettent, parce que la directive étrangère dicte précisément cela, ne pas enquêter sur les infractions commises par ces groupes minoritaires. L’objectif est que les Bulgares vivent dans la peur, perdent la foi, soient écrasés, soumis. (...) »

Interview de M. Siderov diffusée sur radio Darik en juillet 2005

« Animateur : Maintenant, l’autre sujet : les Roms. Comment résoudre le problème de l’abattage illégal des arbres et des Roms ?

M. Siderov : (...) Je sais que dans cette région, c’est un phénomène quotidien, qui se produit tout le temps : des Tsiganes avec des charrettes, des scies, du matériel, tout à fait correct, d’ailleurs, abattent constamment [des arbres] (...) il y a des coupes illégales. (...) C’est bien connu, tout le monde le sait. Il suffit de poser la question dans la région  ils vous diront. Et aussi que ce qui s’est passé ici a été un affrontement entre des braconniers tsiganes qui enfreignent la loi (il faut le dire clairement, personne ne l’a fait jusqu’à aujourd’hui) et les forces de l’ordre ou les gardes forestiers (je ne sais pas lesquels d’entre eux, cela sera certainement élucidé par l’enquête à venir). C’est simplement la conséquence de quelque chose qui se passe ; il y a longtemps que des mesures contre cette exploitation illégale du bois auraient dû être prises : mettre les coupables en prison et veiller à ce qu’ils ne pensent plus à abattre les forêts bulgares, parce que les dégâts sont terribles. Il faudra des décennies pour réparer ces dégâts. C’est tout simplement une invasion de termites qui détruit la Bulgarie.

Animateur : C’est un côté de la médaille, Monsieur Siderov ; mais diriez-vous que, s’il devait être établi que la gendarmerie, les gardes forestiers ou la police ont battu des Tsiganes, ils devraient également être punis ?

M. Siderov : S’il est établi que des Tsiganes ont roué de coups, parce que j’ai connaissance d’un cas où, aujourd’hui ou hier, je ne suis pas sûr, permettez-moi d’éviter une erreur, mais c’est un cas très récent dans lequel des Tsiganes de Burgas ont attaqué certains percepteurs [de factures d’eau] et les ont roués de coups, des percepteurs qui étaient en train de couper les arrivées d’eau de [quelqu’un] qui ne payait pas sa facture d’eau depuis trois ans.

Animateur : Ils devraient évidemment être punis. Et ceux qui battent les Tsiganes devraient-ils être punis eux aussi ?

M. Siderov : Ceux qui portent la main sur un agent des forces de l’ordre devraient être punis avec toute la sévérité de la loi. Je suis tout simplement absolument en faveur de cela. Dans le cas de [ces gendarmes], j’excuse totalement les actions de la gendarmerie, parce que dans ce cas précis, nous avons un crime, nous avons une exploitation illégale du bois, nous avons une infraction qui dure depuis des années. Vous savez, il était grand temps que la gendarmerie intervienne. Je suis pour cela.

Animateur : (...) Et pourtant, les Tsiganes devraient-ils être molestés (...) lorsqu’ils sont arrêtés ?

M. Siderov : Cette question n’est pas correcte, car que signifie « devraient-ils être » ? Il faudrait empêcher les infractions (...)

Animateur : Approuvez-vous la violence contre les Tsiganes ?

M. Siderov : Si les contrevenants opposent une résistance, ils doivent être neutralisés, y compris par la force. C’est la loi. Il a donc dû y avoir une certaine résistance, car on peut citer plus d’un cas où des Tsiganes ont attaqué des policiers, ont attaqué des membres des forces de l’ordre ; il y a eu des policiers, des patrouilles, etc., qui ont été tabassés. C’est inadmissible ; dans tout pays civilisé, ces personnes sont tout simplement neutralisées sur place, à la seconde même, par tous les moyens possibles. Et cela est absolument légal, dans les limites de la loi.

Animateur : Et vous êtes d’accord ? Parce qu’il y a eu de ce type d’affaires contre la Bulgarie à Strasbourg [concernant] le passage à tabac de Tsiganes dans les locaux des enquêteurs. Alors qu’ils ont déjà été interpellés, qu’ils n’opposent aucune résistance, ils sont ligotés et roués de coups.

M. Siderov : Et moi je vous pose cette question : êtes-vous d’accord lorsqu’un braconnier, un contrevenant, un criminel, s’en prend à un agent de la force publique ?

Animateur : Pour dire les choses avec humour, vous êtes déterminé à préserver votre image.

M. Siderov : (...) Je suis contre la décision de Strasbourg. Si quelqu’un approuve qu’un policier soit agressé, je pense personnellement (...) qu’il devrait avoir l’autorisation et le droit d’utiliser son arme à feu pour tuer en pareil cas, car c’est ainsi que les autorités répressives fonctionnent. C’est comme ça que cela se passe en Amérique, c’est comme ça, vous savez, dans les pays développés : la police est intouchable ; elle ne peut pas être attaquée, surtout par quelqu’un qui commet une infraction. C’est la même chose que (...) il devrait devenir une cible pour le policier, l’agent des forces de l’ordre qui fait son devoir, et être neutralisé, y compris par l’usage d’armes à feu. (...) »

Passages de l’ouvrage Bulgarophobia rédigé par M. Siderov

publié à Sofia en 2003

« (...) Ils volent pour se sortir de la pauvreté, disent les défenseurs rémunérés (платените) des droits de l’homme ; ils n’ont pas d’emploi. Ils passent sous silence un petit détail : les familles tsiganes sont très nombreuses à ne pas envoyer leurs enfants à l’école et ceux-ci restent analphabètes. Quel genre de travail peuvent-ils trouver plus tard ? Si vous leur offrez un travail agricole, ils regimbent. Ils préfèrent voler les fruits. Voler le câblage et récupérer tout ce qui est en métal. Selon les villageois, ce sont surtout les Tsiganes qui brûlent les forêts, afin de pouvoir ensuite faire la contrebande du bois. (...) » (page 288)
« (...) Selon les statistiques, en Bulgarie, les allocations de chômage se répartissent ainsi : 65,2 % de l’argent va aux Roms [et] 14,6 % aux Bulgares. Là encore, les quelques Bulgares actifs en âge de travailler qui restent en Bulgarie font vivre un pourcentage gigantesque de Tsiganes qui, pour leur part, se contentent de percevoir des prestations, ne paient rien et sont en plus les principaux responsables des vols de câbles électriques, causant à l’État des pertes se chiffrant en centaines de millions, et qui sont partout [ailleurs] traités comme des actes de terrorisme (mais nous avons l’esprit large). Si c’est faux, que la police et les enquêteurs qui s’occupent des vols de câbles électriques me démentent. (...) » (page 315)
« (...) Pendant toutes ces années, pendant que des bandits tsiganes volaient, coupaient des tonnes de câbles électriques (ce qui, dans les pays civilisés, est considéré comme un acte terroriste) et laissaient des régions entières sans électricité, causant des millions de levs de dommages, des non-Tsiganes se sont pendus au plafond de désespoir (...) » (page 332)
« (...) L’impudence de ce banditisme tsigane manifeste transparaît dans des déclarations telles que celle faite le 14 août 2001 par [T.T.], le chef de l’Association rom, au journal Trud : « La Bulgarie va devenir le Kosovo ». La prophétie (ou la menace) annoncée par le chef rom est à l’évidence en train de devenir réalité. En l’absence d’autorité de l’État en Bulgarie, l’étape qui vient est celle des actes terroristes et des meurtres de non-Tsiganes. « Que devons-nous faire ? » demande désespérément le chef de la police à Plovdiv. Notre conseil : d’abord, présentez votre démission. Et en attendant, laissez quelqu’un qui sait comment traiter avec les terroristes et les vandales de rue prendre votre poste. (...) » (page 333)

B. Le déroulement de la procédure dans l’affaire des requérants

LE CADRE JURIDIQUE PERTINENT

I. Le droit bulgare

A. Les dispositions de la Constitution

« Tous les citoyens sont égaux devant la loi. Sont inadmissibles toute limitation des droits et toute attribution de privilèges fondées sur une distinction de race, de nationalité, d’appartenance ethnique, de sexe, d’origine, de religion, d’éducation, de conviction, d’appartenance politique, de condition personnelle et sociale ou de situation de fortune. »
« La vie privée des citoyens est inviolable. Toute personne a droit à une protection contre les atteintes illicites à sa vie privée (...) et contre les atteintes à son honneur, à sa dignité et à sa réputation. »

B. La loi de 2003 sur la protection contre la discrimination

a) Dispositions légales

b) La jurisprudence relative aux déclarations publiques visant les Roms en tant que groupe i. La jurisprudence de la Cour administrative suprême

ii. La jurisprudence de la Cour suprême de cassation

II. les textes du conseil de L’EUROPE

Champ d’application

« Les principes énoncés ci-après s’appliquent au discours de haine, en particulier à celui diffusé à travers les médias.

Aux fins de l’application de ces principes, le terme « discours de haine » doit être compris comme couvrant toutes formes d’expression qui propagent, incitent à, promeuvent ou justifient la haine raciale, la xénophobie, l’antisémitisme ou d’autres formes de haine fondées sur l’intolérance, y compris l’intolérance qui s’exprime sous forme de nationalisme agressif et d’ethnocentrisme, de discrimination et d’hostilité à l’encontre des minorités, des immigrés et des personnes issues de l’immigration. »

Principe 2

« Les gouvernements des États membres devraient établir ou maintenir un cadre juridique complet et adéquat, composé de dispositions civiles, pénales et administratives portant sur le discours de haine. Ce cadre devrait permettre aux autorités administratives et judiciaires de concilier dans chaque cas le respect de la liberté d’expression avec le respect de la dignité humaine et la protection de la réputation ou des droits d’autrui.

À cette fin, les gouvernements des États membres devraient étudier les moyens :

(...)

Principe 3

« Les gouvernements des États membres devraient veiller à ce que, dans le cadre juridique mentionné au principe 2, toute ingérence des autorités publiques dans la liberté d’expression soit étroitement limitée et appliquée de façon non arbitraire conformément au droit, sur la base de critères objectifs. En outre, conformément au principe fondamental de l’État de droit, toute limitation ou ingérence dans la liberté d’expression doit faire l’objet d’un contrôle judiciaire indépendant. Cette exigence est particulièrement importante dans des cas où la liberté d’expression doit être conciliée avec le respect de la dignité humaine et la protection de la réputation ou des droits d’autrui. ».

Principe 4

« Le droit et la pratique internes devraient permettre aux tribunaux de tenir compte du fait que des expressions concrètes de discours de haine peuvent être tellement insultantes pour des individus ou des groupes qu’elles ne bénéficient pas du degré de protection que l’article 10 de la Convention européenne des Droits de l’Homme accorde aux autres formes d’expression. Tel est le cas lorsque le discours de haine vise à la destruction des autres droits et libertés protégés par la Convention, ou à des limitations plus amples que celles prévues dans cet instrument. »
« 91. L’ECRI note avec inquiétude qu’un parti d’extrême droite s’en prend avec virulence, entre autres, aux Turcs en tant que groupe ethnique et religieux et qu’il a contribué à créer un certain climat d’intolérance à leur encontre. Ainsi, ce parti tient souvent des propos dans lesquels il présente les Turcs comme une menace pour le pays. L’ECRI note en approuvant, qu’en mars 2008, le chef de ce parti a été condamné par le tribunal de la ville de Sofia, pour avoir créé un environnement hostile et menaçant pour les Turcs. Le tribunal a enjoint ce parti de ne plus tenir ce genre de propos. Selon certains sondages, la popularité de ce parti serait en baisse.

(...)

« 31. (...) L’ECRI observe que le discours de haine à caractère raciste et intolérant continue de poser un grave problème dans le discours politique en Bulgarie, et que la situation se détériore. Les principales cibles de ce discours de haine sont les Roms, les musulmans, les Juifs, les Turcs et les Macédoniens. La dernière campagne électorale a été marquée par un discours anti-tsigane très vigoureux. On assiste à une recrudescence notable de l’incitation à l’islamophobie. Le problème est en grande partie le fait du parti politique nationaliste Ataka, représenté au Parlement. Son chef est bien connu pour ses vues explicitement racistes. Il dénonce la « tsiganisation » de la Bulgarie, et associe systématiquement les Roms à la criminalité ; il a réclamé l’interdiction de la construction de mosquées dans le but d’endiguer la progression de l’islam, et a publié deux ouvrages antisémites. »

EN DROIT

sur la VIOLATION alléguée des ARTICLEs 8 et 14 de lA CONVENTION

Article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale)

« 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée (...). »

Article 14 (interdiction de la discrimination)

« La jouissance des droits et libertés reconnus dans la (...) Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. »

A. Sur la recevabilité

a) Observations des parties

b) Appréciation de la Cour

a) Observations des parties et des tiers intervenants i. Le Gouvernement

ii. Les requérants

iii. Les tiers intervenants

α) Le Greek Helsinki Monitor

β) Le Centre européen pour les droits des Roms

b) Appréciation de la Cour i. Sur l’applicabilité de l’article 8 de la Convention

α) Arrêts et décisions présentant une pertinence pour la question

β) Principes se dégageant des arrêts et décisions de la Cour pertinents

γ) Application de ces principes au cas d’espèce

ii. Sur l’applicabilité de l’article 14 de la Convention

a) Observations des parties

b) Appréciation de la Cour

a) Observations des parties

b) Appréciation de la Cour

B. Sur le fond

Observations des parties

Les requérants

Le Gouvernement

II. SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DEs articles 6 § 1 et 14 de la CONVENTION

III. APPLICATION de l’ARTICLE 41 de la CONVENTION

« Si la Cour déclare qu’il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d’effacer qu’imparfaitement les conséquences de cette violation, la Cour accorde à la partie lésée, s’il y a lieu, une satisfaction équitable. »

A. Dommage

B. Frais et dépens

C. Intérêts moratoires

PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ,

Déclare le grief présenté sous l’angle des articles 8 et 14 de la Convention recevable ;

Dit qu’il y a eu violation de l’article 8 combiné avec l’article 14 de la Convention ;

Dit qu’il n’y a pas lieu d’examiner la recevabilité ou le fond du grief présenté sur le terrain de l’article 6 § 1 et de l’article 14 de la Convention ;

Dit que le constat d’une violation de l’article 8 combiné avec l’article 14 de la Convention représente en soi une satisfaction équitable suffisante pour tout préjudice moral pouvant avoir été subi par les requérants ;

Dit

que l’État défendeur doit verser aux requérants pour frais et dépens, dans les trois mois à compter du jour où l’arrêt sera devenu définitif conformément à l’article 44 § 2 de la Convention, la somme de 2 900 EUR (deux mille neuf cents euros), plus tout montant pouvant être dû par les requérants à titre d’impôt sur cette somme, à convertir dans la monnaie de l’État défendeur au taux applicable à la date du règlement et à verser directement sur le compte bancaire du Comité Helsinki bulgare[5] ;

qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ce montant sera à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage ;

Rejette le surplus de la demande de satisfaction équitable.

Fait en anglais, puis communiqué par écrit le 16 février 2021, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.

Ilse Freiwirth Tim Eicke

Greffière adjointe Président

[1] Rectifié le 4 mars 2021. La phrase était précédemment ainsi libellée : « Ils ont été représentés par Me A. Kachaunova, avocate à Sofia et collaboratrice du Comité Helsinki bulgare, et par M. K. Kanev, président du Comité Helsinki bulgare. »

[2] Le passage en italiques n’a pas ultérieurement été formellement consigné dans le procès-verbal de la procédure (voir le paragraphe 12 ci-dessous de cet arrêt).

[3] Le passage en italiques n’a pas ultérieurement été formellement consigné dans le procès-verbal de la procédure (voir le paragraphe 12 ci-dessous de cet arrêt).

[4] Le passage en italiques n’a pas ultérieurement été formellement consigné dans le procès-verbal de la procédure (voir le paragraphe 12 ci-dessous de cet arrêt).

[5] Rectifié le 4 mars 2021. Le texte suivant a été ajouté : « et à verser directement sur le compte bancaire du Comité Helsinki bulgare ».

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